Oui, je sais. Normalement, je devais vous raconter ce que j'ai fabriqué cette semaine, suite à la présence d'étranges signes paranormaux dans un convenience store de Shibuya, le genre qui pourrait se décrire comme un panneau d'annonce "Shopping pour fantôme ici, facilités de paiement". C'est pas parce que vous êtes mort que ça vous dispense de crédits.

 

Et j'y suis allé dans ce fameux convenience store, j'ai croisé les yakuza, j'ai appâté mon fantôme avec un paquet de bonbons (qui a dit "pathétique" ?) et ça a fini à la maternité la plus proche. Vous ne voyez pas le rapport ? Rassurez-vous, ça viendra.

 

Alors me direz-vous pour quelle raison je me dispense de raconter tout ça ? Rien de très sérieux, je suis juste à la recherche d'un pont pas trop inconfortable pour ma cousine et moi. Mon appartement a été "visité", probablement par les mêmes yakuza que j'ai légèrement trop chatouillés durant cette affaire de convenience store. Comme il est établi que non, ils ne peuvent pas me casser en deux, ils se sont fait plaisir sur mon intérieur. J'ai donc trois choix : rentrer à Saitama dans ma maison de famille.

 

Plutôt mourir.

 

Aller dormir sous un pont. Si ça ne tenait qu'à moi, ça ne me dérangerait pas mais j'ai une petite fille de onze ans qui a le nez plus délicat que le mien.

 

Allez demander l'asile à Gekkô, qui va s'en frotter les pattes.

 

Plutôt mourir bis.

 

Donc j'écris depuis un hôtel. Shinkin trouve ça "trop cool !" (Onze ans, rappelez-vous, toute entorse à la routine est vécue comme une fête) et j'écris sur mon téléphone portable, dont je sais enfin utiliser l'option internet.  Alors vous écrire dix pages d'exorcisme, de bagarre contre les yakuza et de sauvetage de convenience store sur un clavier tactile…

 

Vous êtes tous très gentils mais là ce sera sans moi. Qui plus est, je suis d'humeur pas très littéraire après avoir découvert mon appart ravagé du sol au plafond et le mur du salon gravé – j'ai bien dit gravé – probablement au cran d'arrêt avec le message suivant.

 

"A charge de revanche pour le déjeuner."

 

Quand je vous dis que Jun Murakami est un psychopathe, je n'invente rien. Et il m'a prouvé une chose en dévastant l'appartement : il passe dans mes protections magiques comme dans du beurre. Alors sans flipper, j'ai déjà été plus détendu.

 

Bref, la semaine prochaine je récupère un ordinateur et une connexion décente et je me mets en quête d'un gardien plus efficace que le malheureux mange-crasse que j'ai retrouvé recroquevillé dans la poubelle de la cuisine. Ca faisait partie des "il faudrait" jusqu'à maintenant, c'est curieusement revenu en tête de liste.

 

Bonne semaine à tous, je vous raconte tout ça plus en détails mardi.

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