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Il paraît que c'est pratiquement une o-bli-ga-tion quand on tient un blog.

De faire des listes, je veux dire. Sur tout, bien sûr : ce qu'on aime, qu'on aime pas, ce qu'on met dans ses nouilles, ses fantasmes secrets (en les listant sur une passerelle à laquelle n'importe qui a accès, logique), ce qu'on pense du mode de reproduction de la paramécie équatoriale du zanzibar...Tant de sujets passionnants.

Seulement, comme il paraît que je n'en branle pas une en me prélassant au soleil, je ne vais pas me casser et me contenter de la liste des demandes les plus débiles, absurdes qu'on ait pu me faire (je l'évoquais déjà ici), quand bien même je précise que je suis onmyôji. Pour les moins rapides du bulbe j'essaie de me comparer à un bonze ou à un fonctionnaire de la mairie.

Ca ne fonctionne pas toujours.

Voici dans le désordre les problèmes épineux pour lesquels on a jugé que je devais être compétent.
 

  • "Aider ôto-san à partir en douceur". Vous comprenez, il souffre (et il coûte cher, surtout), la solitude lui pèse, c'est un peu votre rôle, non ? J'ai du mal à me sentir flatté quand on me confond avec un service de soins palliatifs. Ca m'a même rendu relativement nauséeux. Je suis une petite chose fragile, j'ai donc fragilement précisé à la "fille attentionnée" que si son grand-père disparaissait dans les prochains jours, j'avais notre conversation bien en tête et quelques amis dans la police.

 

  • De bénir une bouche d'égout. Un jeune cadre dynamique persuadé que son collègue cherchait à lui jeter une malédiction et qu'il ne fallait prendre "aucun risque", dans la mesure où la bouche d'égout en question était placée là où il garait sa voiture. Je lui ai mielleusement demandé s'il ne voulait pas que je descende pour exorciser tout le réseau souterrain. Et il a paru trouver que c'était une bonne idée.

 

  • Si je n'aurais pas "un truc" pour les pannes sexuelles. Un gamin qui devait avoir largement cinq ans de moins que moi mais s'est mis à me tutoyer. J'ai presque eu peur qu'il me propose une after dans un sex shop. Les adolescents sont des animaux attachants...Et non, je ne sais pas s'il a trouvé une solution depuis.

 

  • D'endormir un môme de sept ans, pour que ses parents puissent l'emmener sans heurt se faire arracher une dent. Et si tant qu'à faire je ne pouvais pas faire quelque chose pour cette même dent qui le faisait souffrir, vu que le dentiste n'était apparemment pas d'une douceur exemplaire... Quand j'ai demandé le fer à souder pour cautériser, je pense que les parents ont compris que je me foutais d'eux.

 

  • De ramener à la vie le chien familial. Vous comprenez, les enfants rentrent demain, ils l'adoraient, alors ce serait bien aimable de votre part. Puisqu'on y est, allons déterrer aussi quelques bestioles dans le cimetière animal le plus proche, histoire que je fasse du tarif de groupe. On va pas gâcher et les petits auront le choix comme ça.

 

  • L'"host" (au Japon, un gigolo). Celle-là, j'avais juré de la ressortir. Avec une fille (j'attends qu'on me le demande pour un mec, histoire d'avoir la paire...quoi que je connais un kyûbi qui serait capable de tenter le coup), une américaine qui venait pour un salon du design. J'étais là pour accompagner le ministre (j'assure parfois sa protection, en plus de son service de sécurité habituel) et elle lui a obligeamment demandé, après qu'il m'ait présenté s'il pouvait me "prêter". Notez que dans son immense délicatesse elle ne s'est pas directement adressée à moi. Je suis donc apparemment apte à servir dans l'intimité mais pas doué de parole. Embêtant, un gigolo qui ne sait pas utiliser sa langue (oui elle était facile mais avouez qu'il y a de quoi se poser des questions...). Et pour satisfaire les voyeurs : je n'ai pas accepté.

 

  • De trouver une "fiancée" à un quadragénaire persuadé que les kitsune (les femmes-renard) étaient des compagnes de grande classe. J'ai coupé chez lui toute velléité d'en rechercher une quand je lui ai confié que je ne savais pas si ouvrir le ventre d'un homme pour lui dévorer le foie était très classe.

 

  • De soutenir un échafaudage pour permettre aux ouvriers de travailler dessous. Ha oui avec ce terrain en pente, ce n'est pas très "secure" de monter un échafaudage mais bon pour moi, que ce soit en pente ou plat, ça ne change rien, non ? Appelez-moi Carrie. (Pour la petite histoire, j'ai quelques capacités qui peuvent s'apparenter à de la télékinésie mais en aucun cas je ne possède ce genre de pouvoir. Maintenir un échafaudage de ce poids me demanderait de provoquer une sorte de tourbillon de vent, un effort équivalent physiquement à rester cramponné sur une corde d'escalade uniquement avec les bras)


Donc j'avoue que je me demande régulièrement à QUOI les gens assimilent un onmyôji. Pour certains, il semblerait que ce soit un synonyme de tueur à gages, égoutier, sexologue, agence matrimoniale, maçon, gigolo et nécromancien. C'est formidable, toutes ces capacités que je me découvre.

Sur ce, j'y retourne, on me demande pour une couleur rousse et un robinet qui fuit.

 

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Source de l'image :  http://www.flickr.com/photos/maguisso/1186075074/

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