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J'ai ramassé une balle. Pas un ballon, une balle de flingue, dans l'épaule pour être précis : sachant que le type voulait me tuer, il vise encore mieux que moi, ce con. Et avec la gueule que Shinkin lui a mise, il aura pas l'occasion de recommencer avant un moment, sans compter qu'il visera sans doute encore moins bien. A la première détonation, elle a envoyé son shiki sur le tireur qui pourra donc témoigner que je suis un bon professeur. La petite l'a désarmé et lui a collé une branlée assez mémorable, je n'aurais pas fait mieux (surtout avec un seul bras).

 

Se faire mettre un pruneau sur son palier, ça fait un drôle d'effet…

 

Non, je n'ai pas causé la ruine de ce type en laissant des bakeneko racheter son fond de commerce, non je ne l'ai pas abandonné aux prises avec un washlet hanté, non je n'ai pas démoli sa maison au cours d'une interpellation musclée de yôkai…J'ai mérité de prendre cette balle, du point de vue cause à effet, ceci dit.

 

On va arrêter l'auto-flagellation, je vais plutôt vous parler de la fameuse cause, l'affaire Takeshi Maeda.

 

***

 

Tokyo, 2011

 

"Arrêtez de chuchoter, je ne vais pas me mettre le haut-parleur dans l'oreille pour vous entendre !"

 

"Oui…désolé."

 

"Et ARRETEZ, putain, a-rrê-tez de vous excuser sinon je raccroche direct !"

 

"Dés…heu…oui, Kondo-sama."

 

Mon interlocuteur a la comprenette un peu lente mais au moins il écoute ce que je lui dis : au bout de cinq minutes de batterie usée, je vais peut-être parvenir à lui arracher l'info qui m'intéresse.

 

A savoir, ce qu'il me veut.

 

"Je…suis navré, je ne sais pas si j'ai le droit de vous appeler…"

 

"Comptez sur moi pour vous le faire regretter si c'est le cas. Pourriez-vous en venir au FAIT ? J'imagine que vous avez besoin de mes services ?"

 

"Ou…Oui. Je ne dors plus…"

 

"Faites changer votre matelas, je ne suis pas conseiller literie." Je réplique "Ca va faire six minutes que nous parlons pour que j'obtienne cette information et j'ai mieux à faire. Au revoir."

 

"Non !! Non, ne raccrochez pas ! Je…Je vais vous expliquer !" S'affole mon correspondant "J'ai des plaies étranges qui apparaissent lorsque je dors !"

 

"Hé ben vous voyez, avec la motivation adéquate, vous êtes capable d'un esprit de synthèse remarquable."

 

Je sors mon calepin et attrape mon stylo, gardant le bouchon entre les dents pendant que je note.

 

" 'E quel 'enre les plaies ?"

 

"En forme de neuf."

 

"En for'e de…"

 

Cessant de noter, je retire le bouchon de ma bouche.

 

"Et vous en avez beaucoup ?"

 

Sa voix n'est plus qu'un souffle lorsqu'il me répond :

 

"Partout sur le corps…Ca se répand sur les bras en ce moment. J'ai…j'ai peur de m'endormir."

 

"Bon. Donnez-moi votre adresse, je viens immédiatement."

 

"Je suis à Katsushika, Kosuge."

 

"Kosuge ?"

 

Si cette adresse m'a immédiatement fait tiquer il est probable qu'à vous elle n'évoque rien, à moins que vous ne connaissiez la géographie nippone sur le bout des doigts (vous auriez pas de mal à m'étendre, j'ai un sens de l'orientation dramatique).

 

"A côté de la prison ?"

 

Silence. En soi, ça veut tout dire.

 

"Dans la prison ? Vous êtes un gardien ?"

 

Re-silence, à nouveau des plus évocateurs.

 

"Vous n'allez pas venir ?" Finit-il par demander. Je perçois du découragement dans sa voix, même au téléphone, il a l'air épuisé. "Parce que je ne mérite pas que vous vous déplaciez ?"

 

"Je vais venir. Mais vous avez du bol qu'il ne me faille pas une tripotée d'autorisations pour ça, surtout. Allez faire votre promenade, je serai là dans une heure."

 

 

***

"Ne vous inquiétez pas, c'est un homme très calme, très poli surtout."

 

Ce n'est pas à moi d'être inquiet mais lui : je ne suis ni calme, ni poli.

 

Le directeur de la prison me précède dans les couloirs et nous passons devant différentes cellules, les auras qui s'en dégagent me mettent mal à l'aise, un peu comme si une guêpe en colère me tournoyait autour de la tête, sans pour autant manifester le désir de me piquer.

 

"Il y a des mesures de sécurité à suivre ?"

 

"Nous ne sommes pas dans une prison avec des détenus dangereux. Maeda-san est ici pour un meurtre sans préméditation, un accident. Je vous l'ai dit, il n'y aura pas de problème. Il est chez nous depuis bientôt un an, sa sentence définitive a été prononcée il y a moins d'un mois." M'explique-t-il en déverrouillant la porte de la cellule "C'est un prisonnier parfaitement calme, il a été condamné à une peine courte. Ce n'est pas un homme à problèmes comparé à ce que nous avons ici."

 

Ouais…Un homme sans problème qui a quand même tué une fille en la poussant dans les escaliers, sous le coup de la colère, j'ai vu moins "problématique" aussi, personnellement.

 

"Quand les symptômes se sont-ils manifestés ?"

 

"En début de semaine dernière. Nous pensons à de l'automutilation ou des pratiques…douteuses avec d'autres prisonniers. Il avait évoqué la possibilité de faire appel à un exorciste, je ne pensais pas qu'il prendrait l'initiative de vous joindre. Son dossier était à l'étude."

 

"Et le temps qu'il arrive sur mon bureau, il se serait flingué. Ou fait flinguer, au choix."

 

Me précédant à l'intérieur de la cellule, le directeur me masque quelques instants Maeda, à qui il s'adresse :

 

"Maeda-san, l'onmyôji que vous avez appelé est ici. Kondo-san est pressé, n'abusez pas de son temps, s'il vous plaît."

 

Il me jette un regard rapide :

 

"Souhaitez-vous que je reste ?"

 

"Ce ne sera pas nécessaire. A moins que Maeda-san ne soit un poids lourd et fasse de la boxe, je devrais être capable de gérer la chose seul."

 

"C'est ce qui me semblait. Je vous laisse, tapez contre la porte si vous avez besoin de quoi que ce soit, un gardien restera là."

 

Alors que la porte se referme derrière mon dos, je me retrouve face…

 

A un gosse.

 

Il doit avoir dix-neuf ans, il est mince, les cheveux décolorés et se tient assis, très droit devant la table de sa cellule.

 

"Kondo-sama. Merci de vous être déplacé."

 

"Je vous en prie."

 

Ses gestes sont rapides, nerveux, empressés. Contournant la table, il me désigne la chaise avec un sourire hésitant.

 

"Vous souhaitez vous asseoir, peut-être ? Ou déposer votre matériel ?"

 

Il ne s'approche pas de moi, même lorsqu'il me propose la chaise, ne croise pas mon regard. Finalement, je pose ma sacoche sur la table de la cellule et lui désigne la couchette, sur laquelle je constate des taches de sang encore frais.


"Déshabillez-vous, je vais regarder ça."

 

"Tout de suite."

 

Déboutonnant le haut de l'uniforme, il m'expose sa peau martyrisée, on croirait que quelqu'un s'est amusé à la lui graver : les blessures les plus profondes ont même l'air d'avoir été creusées en plusieurs fois, de longues traînées rougeâtres maculent la peau intacte. Il en a jusque sur les bras, plus petites et moins ouvertes, mais suffisamment pour avoir abondamment saigné. Le point commun de toutes ces plaies, c'est qu'en les examinant, on y reconnaît effectivement le chiffre "9". Je serais plus tenté de croire à un maton sadique mais j'ai appris à douter de mon intuition première. Les 9 sont très nets, bien formés, comme si on avait écrit au moyen de la lame.

 

"La première plaie, comment est-ce que ça s'est produit ?"

 

"Je dormais et la douleur m'a réveillé. J'ai cru qu'on m'agressait, le temps que je quitte ma couchette, j'avais mis du sang partout. C'est celle au centre du dos."

 

En effet, c'est sacrément profond…Et ça ne ressemble pas à un couteau ni quoi que ce soit de cet acabit : la coupure est précise mais très enflée. Me penchant, je constate qu'il a comme des hématomes, la peau tire sur le violet autour des blessures.

 

"Maintenant…je crains de m'endormir. Je me réveille avec de nouvelles marques, je ne sais plus quoi faire…"

 

L'angoisse perce dans sa voix quoi qu'il continue à sourire poliment.

 

"…Je ne vous aurais pas dérangé, sinon. Je sais bien ce que vous pensez, que c'est beaucoup d'attention pour un criminel. Avez-vous une idée, Kondo-sama ?"

 

"Peut-être. Je vais essayer de vous purifier." Je rétorque après quelques secondes d'examen supplémentaires, avant d'aller chercher dans ma sacoche ma bouteille d'eau et mon grand mala. "Le directeur m'a dit que vous aviez écopé d'une peine courte ?"

 

"Oui. Deux ans."

 

"En effet, vous vous en tirez bien après un meurtre."

 

S'asseyant sur la couchette, il baisse les yeux, perdant son sourire.

 

"C'était un accident. Je me suis disputé avec Hikari-chan, elle m'a giflé et je l'ai repoussée…Elle est mal tombée dans l'escalier de l'université. Je me dis tous les jours que si je ne m'étais pas emporté…"

 

"…Elle serait toujours en vie, oui. En tant qu'onmyôji, j'aurais pas mal de choses à vous raconter sur le destin mais je vais d'abord m'occuper de vous. Installez-vous au milieu de la cellule."

 

Nouant mon mala autour de mon cou, je trace autour de Maeda un cercle d'eau et commence à prier, les yeux fermés. Au bout de quelques secondes, les cheveux sur ma nuque se hérissent et je suis couvert de chair de poule.

Interrompant mes incantations, je me relève.

 

"C…Ca a marché ?"

 

"Mieux que je ne l'aurais cru."

 

"J'ai…j'ai lu que ce genre de cicatrices étaient souvent lié au mal-être, qu'elles venaient…de l'intérieur."

 

"Ca peut se produire, en effet, le corps qui manifeste une souffrance interne : la frustration, la peur…ou la culpabilité."

 

Maeda frotte machinalement ses épaules scarifiées en me regardant, dans les yeux, cette fois-ci.

 

"Et ça pourrait être parce qu'Hikari est morte par ma faute ? Je me "punirais", c'est ça ?"

 

Je laisse planer un silence et mes yeux examinent toute la cellule avant que je ne détache posément mon mala.

 

"Kondo-sama ? C'est ça ? Vous me conseillez de prier pour le repos d'Hikari et d'apaiser son esprit ?" S'enquiert-il d'une voix inquiète "Vous auriez une prière à me conseiller ? Ou un rituel de pénitence ?"

 

"D'arrêter de me prendre pour un con et de me baver votre sucre sur les basket, pour commencer."

 

Mon poing s'est refermé sur mon mala et je le fixe. Autour de nous, la cellule s'obscurcit, la seule source de lumière, une minuscule fenêtre dur la porte semble s'être intensifiée sans pour autant percer les ténèbres qui gagnent  les murs. Mais le plus perceptible, c'est le silence soudain qui s'est installé autour de nous : le bruit de pas des gardiens, les voix lointaines des couloirs, on entend plus rien.

 

"Qu…Qu'est-ce que vous faites ?"

 

"Moi, rien. Je vous permets juste de voir ce qui vous a fait ces marques."

 

Deux mains blanches jaillissent soudain de la couchette et tentent de le saisir alors qu'il s'écarte vivement.

 

"Qu…qu'est-ce que c'est ?"

 

"Ha, pour le nom, je saurais pas vous dire, vous êtes sans doute mieux renseigné que moi. Puisqu'elles semblent vous en vouloir. Voyons…Un, deux, trois…Cinq. Joli score. Vous êtes un sacré tombeur…Au propre comme au figuré."

 

Il se redresse et m'agrippe sans crier gare par le revers du tee-shirt.

 

"C'était un accident ! J'ai juste poussé Hikari, je voulais pas ! On m'a soupçonné mais je suis innocent, je ne sais pas ce que vous avez lu sur moi mais…"

 

D'une main ferme, je lui attrape le poignet pour qu'il me lâche. Derrière lui, de la bonde du lavabo, une autre main blanche et décharnée s'extirpe lentement. Ses doigts, longs et effilés comme des lames, sont rougis de sang.

 

"Je n'ai rien lu, je vois." Je réponds d'un ton égal en lui désignant la seconde visiteuse "Voici vos bourreaux, celle-ci a même encore votre sang sur les doigts…Et ce n'est pas Hikari, du moins c'est pas l'impression que ça me donne. Et tant que vous continuez à me raconter des salades, je ne vais pas bouger. C'est quoi, tout ça ? Ces filles, vous les connaissez."

 

Cette fois-ci, c'est du plafonnier qu'elle descend, désarticulée comme un pantin, noyée de cheveux sombres, se coulant le long de mes épaules avant de se diriger vers Maeda dans un cliquètement régulier. Je n'ai pas bronché.

 

"Elles…Elles vont nous tuer !"

 

"Qui, ça, moi ? Elles ne me feront rien, on ne tue pas le messager, c'est vous qu'elles veulent. Vous pouvez abuser un psychiatre et un juge, pas un fantôme. J'ai bien senti qu'il y avait du monde dans votre cellule en rentrant, c'est ce que je voulais vérifier. "

 

Il a reculé contre le mur et à son expression terrifiée c'est substitué un sourire crispé :

 

"Si vous ne faites rien, c'est comme si vous commettiez un meurtre…Vous aurez aussi du sang sur les mains."

 

Je hausse un sourcil et souris à mon tour.

 

"Si vous mourrez dans votre cellule, il n'y aura pas de meurtrier visible, seul un exorciste pourrait témoigner de ce qui s'est réellement passé…Je suis le premier onmyôji du Japon, en d'autres termes : le patron. Aucun maître du yin et du yang ne me mouillera. Qu'est-ce qui s'est passé ? On se trimballe pas un tel lot de saloperies quand on a "juste" poussé quelqu'un dans les escaliers, Maeda-san."

 

Le bruit de cliquètement a empli toute la cellule, comme si des dizaines d'araignées métalliques couraient partout autour de nous. Une autre silhouette blanche vient d'apparaître, s'enroulant autour de la tuyauterie. Je note les symboles "9" sur le ventre.

 

"Vous les avez tuées." Je suppose, sans surprise "Hikari était  un accident – ou pas – mais vous n'en étiez pas à votre coup d'essai, c'est ça ? Répondez, Maeda, je ne bougerai pas si vous continuez à me prendre pour un imbécile !"

 

Il déglutit et opine du chef. Avec quatre fantômes qui s'apprêtent à fondre sur lui, j'imagine qu'il est plus enclin à passer aux aveux.

 

"Hikari…c'était pour me couvrir. Comme ça quand ils retrouveront les autres, ils ne me soupçonneront pas. J'ai pris deux ans, c'était un sacrifice nécessaire ! Il fallait que ça soit un accident !"

 

"Un sacrifice nécessaire…vous butez une fille pour éviter de vous faire exécuter ? Et les autres ?"

 

Ai-je vraiment besoin de demander une justification ? Le simple fait de l'entendre évoquer la gamine qu'il a poussé dans les escaliers comme une "couverture" me donne la nausée. Il se rapproche de moi, les mains tremblantes.

 

"Je voulais pas finir pendu. S…S'il vous plaît. J'ai avoué. Aidez-moi."

 

Le bouddhisme enseigne qu'il faut faire preuve de miséricorde, en tant qu'onmyôji je suis supposé combattre les influences néfastes et je n'ai pas le droit de laisser les morts faire justice eux-même. Mon regard passe des silhouettes blanches, qui se contorsionnent de manière grotesques en tendant devant elles leurs doigts effilés à Maeda, pâle et défait, suffoqué par la peur.

 

Maeda qui dans un an allait sortir de taule.

 

J'ai eu un haut-le-cœur et je suis sorti de la cellule, non sans adressez un :

 

"Plus qu'un an à tirer, alors"  à ce salopard.

 

C'était la phrase de trop, bien entendu. On peut toujours compter sur moi pour la prononcer…

 

***

 

Je pensais ne plus jamais croiser Takeshi Maeda, étant inconsciemment persuadé qu'il n'avait pas survécu aux assauts de ses victimes.

 

En règle générale, je suis un minimum prudent quand on sonne à ma porte mais si j'étais quelqu'un de complètement rigoureux, ça se saurait. Shinkin était en train de me prendre la tête pour une histoire de devoir à rendre auquel je ne pigeais pas grand-chose lorsqu'on a sonné, puis insisté. Il est fréquent que les gens qui viennent me voir dégagent des auras "douteuses" et je garde toujours mes fuda à proximité de la porte en cas d'attaque. Je n'ai pas pensé une seule seconde qu'on pourrait m'agresser autrement, en bon naïf rétrograde que je suis.

 

Je ne l'ai pas reconnu tout de suite, il m'a fallu deux secondes pour réaliser. La cicatrice en forme de "9" sur sa joue m'y a pas mal aidé également. Mais je suis resté pétrifié, incapable de bouger, conscient qu'en l'état, j'étais complètement exposé…

 

Conscient aussi que si je n'avais pas que des amis, le type en face de moi devait être au-delà d'un simple sentiment de haine pour moi et n'avait plus grand-chose à perdre. Il m'a souri, presque cordial.

 

"J'avais avoué, Kondo-sama."

 

Au mouvement de sa main, j'ai baissé les yeux et vu le canon. Grâce à Jun Murakami, j'ai acquis face aux armes à feu certains réflexes que n'enseignent aucune des techniques onmyôji ancestrales. J'ai plongé à la détonation et senti que mon corps était secoué par l'entrée de la balle. La douleur est venue plusieurs secondes après, alors même que Shinkin neutralisait Maeda.

 

A vrai dire, je me l'étais sorti de l'esprit, ce n'était pas le genre d'affaires dont je suis particulièrement fier, pour avoir manqué à mes devoirs de la manière la plus inconséquente qu'il soit. Mais c'était encore plus intolérable pour moi qu'il s'en sorte aussi bien, il a fallu que ma conscience tranche.

 

On m'a extrait la balle il y a deux jours et annoncé que Maeda avait été mis aux arrêts pour tentative d'homicide.  Je suis parti quant à moi pour deux mois de douleurs et d'immobilisation, soigné par une Shinkin enragée qu'on m'ait tiré dessus. Je vais attendre qu'elle se calme pour lui expliquer le coup de ce qu'on sème et qu'on récolte…

 

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Source de l'image : http://www.flickr.com/photos/gcfairch/4189169360/

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