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Dans le métier, quand il y a invasion de nuisibles, ce sont rarement des rats ou des criquets. Mais on emploie des techniques à peu près aussi délicates.

Je n’étais pas à Tokyo en fin de semaine dernière, mais dans les îles Amami, à Naze, au sud du pays. Quand on m’a envoyé mon ordre de mission, je me doutais que ça devait être sérieux : plus de dix heures de ferry en perspective, il y avait plutôt intérêt.

Et le plus beau : je n’y suis pas allé seul.

****

En arrivant le matin à l’embarquement, je me fais intercepter par un pingouin en uniforme marin qui me fait savoir qu'"on m'attend au bar du pont supérieur". Le gouvernement ? Non, c'est les ronds de cuir qui m'auraient cueilli…Gekkô ? Il est plutôt du genre à m'envoyer ses gros bras qui me ramènent par la peau du cou.


"Vous buvez quelque chose, Kondo-kun ?"


Ses interminables jambes croisées et ses escarpins sans une trace balancent négligemment sur le tabouret du bar alors qu'elle sourit.


"Kokuen-san…"


Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Kokuen est la maîtresse des bakeneko, les démons-chat de Tokyo. Désirable pour tout homme normalement constitué, indésirable pour tout onmyôji soucieux de ne pas expérimenter les joies de la prothèse.


"Whisky ? Porto ?"


"Coca."


Elle sait soigner les apparences, moi j’ai plutôt tendance à essuyer mes mains sales dessus. Elle commande un whisky-coca.


"On ne vous prendra pas au sérieux si vous ne buvez pas un minimum, Kondo-kun."


"J'ai l'air plus sérieux bourré ? Dommage que je ne m'en souvienne jamais." Je rétorque alors qu'elle fait glisser un dossier vers moi.

“Benkei-san est mon principal interlocuteur pour la gestion de certaines propriétés que je possède dans la ville de Naze. Il a cessé de répondre aux mails et au téléphone il y a quatre jours de ça et pour cause : les passants l’ont trouvé immobile au milieu d’une rue à dix minutes de chez lui, en état de catatonie. Et ce n’est pas le premier dans ce cas...Plusieurs autres personnes ont subi des sorts similaires.”

On vient de déposer un verre devant moi. J'y trempe les lèvres avec circonspection et grimace, me forçant à avaler. Le coca seul ça n'est déjà pas magique mais avec du whisky, j'ai pitié de mon estomac.

“Epidémie ?”

“Kondo-kun...Ne soyez pas décevant. Concentrez-vous un peu. Finissez votre verre, plutôt.”

“Je suis concentré. Je vous propose une solution rationnelle au lieu de tout de suite se jeter sur l’option ésotérique, une erreur que les profanes font souvent. Il n'y a pas moyen que je vide cette horreur, buvez-la, vous.”

Le serveur nous regarde tous les deux, interloqué, jusqu'à ce que Kokuen finisse par prendre mon verre en soupirant. Par principe, j'évite de boire quand je suis avec un yôkai, surtout quand ce dernier a de légères pulsions dominatrices et un regard qui appelle tout le monde ou presque "couche-toi là", surtout quand je n'ai pas vu le barman poser le verre devant moi (J'ai eu récemment une expérience édifiante en la matière).


“Vous pensez que je vous droguerais ? Quel intérêt puisque vous travaillez pour moi ?"


"Vous ne buvez pas. Et je sais que la notion de "partenaire" est plutôt changeante avec vous."


Elle me sourit et vide le verre d'un trait. Je lui jette un regard de biais en feuilletant le dossier.


"Les yôkai sont rarement sensibles aux drogues, faites mieux."


Elle s'approche lentement de moi, calant son tabouret tout contre le mien pour me parler quasiment à l'oreille.


“J’ai envisagé la piste de l’épidémie, bien sûr. Jamais je ne me serais permis de vous faire déplacer pour rien. Si je voulais vous droguer, Kondo-kun, j'aurais eu des dizaines d'occasions plus favorables pour le faire…Et plus intéressantes stratégiquement.”

“Très touché.” Je lui rétorque en relevant la tête. “Vous savez qu’il y a une distance de sûreté avec moi ? Il paraît que j’ai le geste malheureux quand on la dépasse.”

“Je l’ai dépassée ?” Me murmure-t-elle chaudement.

La gratifiant d’un sourire que j’espère vaguement menaçant, je lui colle mes fuda sous le nez.

“Vous avez les deux pieds dedans.”

***

D'après la machine et l'écran auxquels Benkei est relié, le cœur bat normalement. Nous sommes allés directement à l'hôpital de Naze en sortant du Ferry, emmenés par un autre employé de Kokuen. La femme de Benkei me regarde m'installer, l'air vaguement inquiet. Bien sûr, elle refuse de sortir et aucun de nous n'a le pouvoir de l'y obliger (légalement, j'entends).


"Bon, voyons ça…J'ai le droit de le bousculer un peu ?"


"Si ça le réveille, uniquement." Me prévient Kokuen, les yeux rivés sur moi.


"Vous chipotez, aujourd'hui."


"Je vous ai vu exercer, surtout."


"Ha donc vous n'avez pas seulement l'air d'une emmerdeuse. Vous êtes priée de ne pas m'interrompre, ou il ne faudra pas vous plaindre de récupérer un légume." Je soupire avant de m'asseoir sur le lit. Benkei a le regard vide, les muscles avachis…Ca sent mauvais. Pour avoir vu de simples catatoniques, j'ai ma petite idée sur l'étendue des dégâts. Plaçant mon front contre le sien, je ferme les yeux avant de marmonner mes mantras de pénétration des esprits. En règle générale, entrer dans un esprit – même celui d'un comateux – est loin d'être une mince affaire et vaut à l'intrus qui s'y amuse de sérieux dégâts, s'il n'est pas entraîné. J'en ressors rarement sans une égratignure et on ne peut pas vraiment dire que j'en manque, d'entraînement.


Mais pas pour lui. Je rouvre les yeux au bout de quelques secondes et fais la grimace. Kokuen se penche sur le lit, posant la main sur le drap.


"Il est si atteint que ça ?"


"Il est mort. Spirituellement, je veux dire."


Elle m'enfonce aussitôt une griffe dans le flanc et me souffle que la femme du "mort" est derrière moi et qu'elle ne veut pas de drame, encore moins d'une publicité déplorable ou d'un procès.


"Son âme n'est plus là. C'est une coquille vide." J'ajoute à voix plus basse.


"Et vous ne pouvez rien y faire ?"


"Avec un légume ? Vu qu'il n'est pas le seul dans cet état, on peut toujours se tenter un nabe…Ouch !"


 "Vous pouvez toujours tenter de faire de l'humour pour vous donner une contenance, ça ne me distraira pas. Je paye et j'exige un résultat, Kondo-kun."


"La boutonnière maison est incluse dans mon salaire ?" Je grogne alors que sa griffe est en train de me traverser lentement l'épiderme.


"C'est en supplément." Elle retire la main "Qu'est-ce qui a pu faire ça ?"


"Environ la moitié des yôkai que je connais. Ce qui nous en fait déjà une bonne centaine."


Ha, la veuve semble avoir compris ce qui m'a échappé au sujet de son mari. Elle s'est effondrée sur un siège et notre chauffeur lui a pris la main en nous jetant un regard hébété.


"Bravo, Kondo. Du travail soigné. Je devrais vous la faire, votre boutonnière." Siffle Kokuen, ses yeux se réduisant à deux fentes.


"Je vous serais moins utile, séparé de mes organes internes." Je lui réplique en ouvrant lentement les paupières de Benkei pour vérifier ses yeux, me raidissant alors qu'elle me chuchote à l'oreille :


"Je pourrais avec votre bouche. Elle fait du dégât."


"Un jugement hâtif. Vous ne m'avez pas laissé faire mes preuves."


"Pour davantage de dégâts ?"


"Par exemple."


Rabattant les draps, j'examine Benkei en détail : pas de coups apparents, pas de bleus, d'après son dossier médical, tout était normal. Je tâte les poignets, la gorge, revérifie les yeux, toutes ces zones auxquelles s'attaquent les yôkai en premier lieu, pour finir par la partie "médiane" entre les cuisses.


"Ni morsures, ni griffures…Tout est là. Curieux, j'aurais pensé qu'il l'aurait boulotté un p…"


Nouveau coup de griffes qui me fait bondir.


"Qu'il…y aurait plus de traces. Qu'est-ce qu'il portait comme vêtement ?" Je m'enquiers en me tournant vers les proches éplorés, lesquels semblent ne même pas me calculer. Ca vaut le coup de me lacérer l'épiderme dès que j'ai un mot malheureux, tiens…Augmentons un peu le volume.


"Hoi !! Vêtements ! Il portait quoi quand vous l'avez trouvé ? Ils étaient dans quel état ?"


La veuve renifle bruyamment et me sert une soupe japonais-sanglots dans lequel je comprends vaguement "costume".


"Costume, d'accord. Dans quel état ? Déchiré ? Reniflez une fois pour oui, deux fois pour non. Kokuen, virez vos griffes de mon lard, je n'en ai déjà pas beaucoup !"


Au point où en est…La femme de Benkei bredouille que les vêtements n'étaient  pas déchirés, sauf quelques petites traces en bas du pantalon. Je demande à les voir et elle me dit qu'elle les a balancés à cause de "l'odeur". Mon visage s'éclaire.


Une odeur, ça c'est le top pour identifier un yôkai. Dis comme ça, je prends des allures de chien truffier mais mon nez est encore la méthode la plus sûre pour pister ses saloperies.


"Elle ressemblait à quoi cette odeur ? Le renard ? La friture ?"


"Non, plutôt comme…une écurie…La chèvre."


Je me renfrogne et me lève, rangeant mes affaires, tandis que Kokuen va donner sa carte à la veuve en lui expliquant sur un ton de message préenregistré que l'entreprise se tient à sa disposition.


"Vous êtes une humaniste, Kokuen-san." Je la chambre alors que nous sortons. "Le Japon a besoin de femmes comme vous, sensibles et maternelles."


"C'est toujours distrayant de se faire accuser de rage par un chien errant qui a la bave aux lèvres. Vous savez de quoi il s'agit."


"Oui et vu le patelin, c'est ce que je craignais : des katakirauwa."


J'ai gardé à la main mon petit carnet de notes, que je feuillette tout en marchant, esquivant de justesse une infirmière avec un plateau. J'ai compulsé dans ces pages tout ce que j'ai besoin de savoir sur les différents types de yôkai, leurs habitudes, ce qui est efficace contre eux. C'est mon "antisèche" lorsque je croise la route de bestioles peu courantes.


"Et je veux bien parier que l'île en est infestée, vu le nombre de victimes. En général, ils se déplacent en troupeau, pas franchement discret. Mais je peux comprendre, étant donné leur apparence, que les locaux ne se soient pas méfiés.  Pourtant ces trucs absorbent l'âme des humains, avant même qu'on ait compris ce qui nous arrivait, pfuit, on n'est plus qu'une carcasse. On en trouve quasiment que dans les îles du Pacifique, peu de chance d'en avoir à Tokyo."


"Grossier, destructeur…Mais efficace. J'ai bien fait de ne pas vous suturer la bouche, en définitive, vous l'utilisez à bon escient. Comment s'en débarrasse-t-on, de ces créatures ?"


Je ferme mon carnet dans un claquement.


"Comme vous. On ne peut pas. Pas avec un simple sort onmyôji en tout cas."


"Donc je vous paye pour ?"


"Improviser, Kokuen-san. Si ça rate, à défaut de résultat, vous aurez du spectacle. Ca vous tente une promenade ce soir sur la jetée ?"


***

Quand il s'agit de servir d'appât, je trouve presque toujours un faire-valoir qui se charge de ce rôle délicat – en règle générale, le client – mais Kokuen n'a pas vraiment le profil. Nous nous tenons au bord de l'eau, dans le port de Naze.


"Qu'attendons-nous ?"


"Un troupeau de cochons."


J'inspecte le bout du quai,  les sens aux aguets. La nuit est tombée depuis un peu moins d'une heure, ils ne tarderont pas, je corresponds aux "critères".


"Vous savez quelle était la fonction première des katakirauwa, Kokuen-san ? Décourager les adultères…On prétendait qu'ils s'en prenaient de préférence à des hommes se promenant la nuit accompagné d'une ou de plusieurs femmes."


Accroupi, j'attache une corde épaisse à l'une des bittes du quai.


"Ce n'est pas le cas ?"


"Si mais ça n'a strictement rien à voir avec la morale."


J'évalue la distance avec la côte, dégage la voie, sous le regard légèrement intrigué de la bakeneko. Elle ne me pose pas de questions pour l'instant, elle sait qu'elle aura ses réponses d'ici peu. Son silence est reposant, au moins.


"Un homme en état d'excitation est plus facile à piéger, c'est tout."


"C'est sexiste, comme propos, Kondo-kun."


"Réaliste. Vous êtes un démon chat qui possède des centaines de terrain dans tout le Japon. Si des types haut placés réfléchissaient autrement qu'avec leur entrejambe, ils vous auraient barrée la route."


Le nœud me paraît solide. Je ne dépasse pas les soixante-dix kilos, ça ira. Attrapant l'autre extrémité de la corde, je me tourne vers Kokuen.


"Pour un onmyôji, vous êtes plutôt rationnel."


"Mais il faut l'être, le monde des esprits l'est aussi, pas de la même manière que celui des humains, sinon comment expliquez-vous que je sois forcé de vous faire confiance ?"


Je lui tends la corde.


"Attachez-moi."


Elle reste silencieuse quelques secondes, avant qu'un sourire littéralement volcanique ne lui plisse les lèvres.


"Si vous saviez à quel point vous me faites plaisir, Kondo-kun…"


"Les chevilles uniquement. Je ne sais pas combien il y a de profondeur ici mais je ne tiens pas à être entraîné au fond. Serrez bien."


"Donc…" S'agenouillant, elle passe la corde autour de mes pieds, sous mon jean "Vous vous méfiez d'un verre que je vous offre mais vous êtes prêts à boire la tasse en ma présence." La corde frotte contre ma peau et je frissonne. Elle serre d'un coup, me faisant tressaillir.


"Je vous fais confiance lorsque j'y suis forcé. Ecoutez…"


Des grognements se font entendre, depuis l'autre extrémité du quai, ainsi qu'une espèce de grondement régulier. Kokuen vérifie le nœud et se redresse.


"Un galop ?"


"Non. Ils se déplacent en sautant uniquement…Et ils sont vifs. Ecartez-vous."


Le bruit se rapproche et je les distingue enfin sous la lumière des lampadaires, ces petites silhouettes noires et rondes, où pointe une oreille unique. Kokuen fronce le nez, même à cette distance, elle doit sentir la forte odeur de bouc qu'ils dégagent.  Je les compte mentalement…Une dizaine, une douzaine tout au plus.


"Comment font-ils pour dérober l'âme ?"


"Il suffit que l'un deux passe entre les jambes."


"Passer entre les jambes ?"


"Essayez donc de courir les jambes serrées. Maintenant, silence, on tourne !"


Je joins les mains. Il y a un souffle de vent, c'est insuffisant pour mon plan, il va falloir que je donne un coup de pouce. En face de moi, le troupeau de katakirauwa accélère, ils ont senti mon âme et sont à moins de deux cent mètres. Ignorant la puanteur qui me prend à la gorge, je répète mes mantra sans les quitter des yeux et l'eau à mes pieds s'agite tandis que le vent se lève. Kokuen, immobile, tient d'une main la corde à laquelle je suis attaché et contemple la scène en souriant. Elle a compris.


Alors que les yôkai arrivent à ma hauteur, j'intensifie ma prise sur le vent, pour les jeter pratiquement contre mes jambes d'une bourrasque…A peine me tombent-ils dessus que j'accompagne le mouvement, basculant en arrière, dans l'eau, les chevilles fermement attachées l'une à l'autre. Le froid me paralyse quelques secondes mais je m'oblige à bouger, ouvrant les yeux, que le sel me brûle. D'un mouvement, j'écarte les porcelets qui hurlent, hystériques, en coulant à pic et remonte aussi vite que je peux, les empêchant de s'agripper à moi. La corde bouge…Pendant une seconde, je songe qu'elle va la détacher mais au lieu de ça, elle tire, jusqu'à ce que j'émerge de l'eau.


"J'aurais pu vous noyer."


Kokuen me saisit par le poignet pour m'aider à me hisser sur la jetée. Elle a coincé un katakirauwa sous une de ses bottes à talon.


"Celui-là a freiné à temps. J'ai préféré ne pas lui laisser l'opportunité de filer."


"C'est plus sage. Merci d'avoir été aussi fair-play."


"Je le suis parce que vous m'êtes utile."


"C'était ironique, Kokuen-san."


Je grelotte et retire mon pull trempé, que je tords en reniflant. Pendant ce temps, elle s'incline au-dessus du porcelet noir qu'elle examine quelques secondes, promenant ses griffes dessus. Lorsqu'elle les enfonce, il émet un couinement d'agonie et cesse de bouger, une petite flaque de sang noir s'élargissant au sol.


"Impropre à la consommation." Grimace-t-elle après avoir léché ses griffes "Pourquoi avoir agi dans l'urgence ? J'aurais pu faire venir quelques bakeneko pour nous assister."


"Je vous l'ai dit, ils s'en prennent aux hommes isolés. Benkei se sera attardé dehors, voire était en "compagnie". Ils sont cons mais ont de l'instinct…Mon âme était tentante pour eux, c'est la raison pour laquelle ils n'ont pas senti le piège. Si nous avions été secondés, ils se seraient méfiés. L'avidité mène à l'imprudence, Kokuen-san."


Assis au sol, je lutte avec le nœud pour libérer mes pieds.


"Et le temps de ramener du monde, ils auraient fait davantage de victimes, en prime…C'est curieux cette soudaine invasion, ils s'attaquent plutôt aux promeneurs en forêt qu'en ville."


"Le chaos est bon pour vos affaires, non ?" Me demande Kokuen, faisant basculer le petit cadavre éventré dans l'eau d'un coup de pied, le faisant rouler deux trois fois auparavant, jouant avec de la pointe du talon.


"Et mauvais pour les vôtres, le monde à l'envers. Si les onmyôji commencent à prêcher le désordre, ça deviendrait presque drôle."


***

Bref, Naze est redevenue la ville portuaire chiante et sans intérêt qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être et  je suis rentré avec la truffe morveuse après mon plongeon dans l'eau à dix degrés.  Kokuen m'a d'ailleurs fait parvenir une bouteille de whisky avec mon salaire pour – je cite – "me réchauffer".

 

Touchante attention.

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Source de l'image :  http://www.flickr.com/photos/hkdmz/2954175892/

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