J'aime pas les pages sur l'auteur. D'ailleurs, je ne les lis jamais. Et ce que j'aime encore moins, c'est parler de moi, chose que j'évite, esquive et repousse. Mais si vous êtes ici, c'est que vous n'allez pas vous contenter de mes atermoiements égotiques... Allons-y.

 

Qu'est-ce que tu es ? Enfin, qui es-tu ?

Je suis humain. Ça me semblait déjà important de le préciser, sait-on jamais, avec ce qui sort en librairie, les paramécies ont semble-t-il des doigts qui ont poussé.

Ensuite, je suis auteur. En effet, si je jouais du trombone à pistons, je ne posterais pas ici (très bel instrument, au passage). Ce qui veut dire que j'écris, que je le fais lire aux gens (Un indice : vous êtes un gens) et que je raconte des histoires, ce qui fait de moi l'équivalent d'un saltimbanque du web. Sans les grelots.

Troisième point, je ne suis pas japonais, je ne suis pas exorciste, je ne m'appelle pas Satoru : je suis français (ou gaulois 2.0), vous me connaissez sous le pseudonyme de Subaru-D et je ne mange pas de Nutella. Je n'ai ni kitsune ni petite onmyôji chez moi, mais un chat dont le caractère pourri fait un succédané acceptable de yôkai. En tout cas, il arrache les doigts tout comme.

Je me définirai comme un amateur éclairé (c'est bien le seul point où la lumière est encore allumée chez moi) du folklore nippon, des yôkai et de la culture japonaise en générale. Comme violon d'ingres, c'était ça ou crever du papier bulle. Je me suis dit que le Japon m'occuperait plus longtemps et éviterait que mon entourage ne finisse par m'étrangler.

 

Tu as fait des études pour devenir écrivaillon ?

Aucune, juste une semaine de formation à l'issue de laquelle, le formateur m'a expliqué très posément que maintenant, j'avais plus besoin d'être formé mais que j'allais devoir écrire et lire, pendant des années, jusqu'à ce que ça soit potable. Et qu'à ce moment-là, je devrais écrire et lire encore plus jusqu'à ce que mon travail devienne acceptable, conseil que j'ai suivi jusqu'ici.

De toute manière, tous les systèmes éducatifs par lesquels je suis passé m'ont fortement emmerdé et étaient très contents de me voir tirer ma révérence une fois récupérés chez eux les bribes qui m'intéressaient. Des études de scénario se seraient mal terminées. Pour le prof.

Et si vous me lisez depuis un certain temps, vous aurez noté mon affligeant manque d'académisme.

 

Mais du coup, y'a combien de personnes derrière Kakurenbô ?

Nous sommes une équipe de 1. Enfin, Je suis très nombreux dans ma tête, je pourrais dire plus mais ce serait un peu exagéré (l'exagération ce n'est pas mon genre, pas plus que l'ironie, d'ailleurs.).

Je m'occupe du blog, de la communication, de la mise en page des livres, des couvertures (pour la plupart), de répondre à vos commentaires, de faire le petit-déjeuner du mange-crasse, du réapprovisionnement en café et en nutella, d'assurer les conventions, etc...

Cependant, j'ai des aides ponctuelles, sur la bêta-lecture et les corrections mais aussi sur les illustrations, que je dois à Eden Misty, étant donné que je ne serais pas foutu de dessiner une marguerite. Au rang des bêta/correctrices, je peux citer dans le désordre Yuki, Sylvie, Vava, Papillori, Sadako, Loreleï, Sugar...bref, toutes les victimes qui me passent sous la main, autant dire qu'être mon ami est aussi cool que de faire une journée d'acclimatation en goulag.

Je vous l'avais dit, que c'était pas mon truc, l'exagération.

 

Comment t'es venu le goût pour l'écriture ?

Je vous ai dit que je n'aimais pas les pages sur l'auteur.

Hé bien j'aime encore moins cette question, puisque je n'ai pas de réponse.

J'en ai eu envie à dix ans. J'en avais toujours envie à quinze. Puis à vingt. Et ainsi de suite. C'est venu je ne sais pas comment et c'est resté. J'ai beaucoup d'imagination et un petit talent pour l'exprimer, j'en profite, vu que la génétique a pas assuré côté intellect ou plastique.

 

Du coup, tu ne fais que ça, écrire ?

Si être auteur était un vrai métier, ça se saurait. Enfin il paraît que ça n'en est pas un, j'ai donc un vrai métier, qui sert à payer le loyer et l'écriture qui m'attend bien sagement quand j'ai déjà huit à neuf heures de taf dans les pattes. Donc, si vous doutiez de ma motivation, c'est la seule chose sur laquelle je vais me vanter : oui, je suis motivé, extrêmement motivé et il faut en vouloir pour se documenter et écrire jusqu'à deux heures du matin un soir sur deux.

 

Combien de temps ça prend, un post de Kakurenbô ?

Procédons scientifiquement :

- 1 à 2 heures environ pour se caler sur une idée : j'en ai généralement plusieurs, je commence quelques lignes sur chacune et je garde celle qui part le mieux.

- 2 à 3 heures pour me documenter puisque la majeure partie des post comportent des parties tirées du folklore ou réclament des informations sur la société japonaise.

- Entre 5 et 8 heures pour rédiger le post, le relire plusieurs fois, reprendre les paragraphes qui ne me conviennent pas. Il arrive parfois que ce soit plus long car je suis forcé de reprendre intégralement le post , qui ne va pas.

- 1 à 2 heures pour repasser le post à la loupe avec la correctrice : fautes, contresens, incohérences, détails incompréhensibles, conneries diverses commises par l'auteur.

- 1 à 2 heures enfin pour dénicher l'image du post, faire une dernière relecture en diagonale, le mettre en forme sur le blog, le vérifier et envoyer le lien sur facebook.

Si on fait une somme, un post me prend donc entre 10 heures et 17 heures. Et je ne compte pas le temps de réponse aux commentaires, les éventuels problèmes techniques (Ordinateur qui me perd le fichier, me fait sauter un paragraphe, post que je dois réécrire, changement de trame scénaristique, etc...). Lorsque je fais un post plus court, type "Comment ça marche", je peux réduire le temps de travail à 5-6 heures, c'est le plus court.

Les posts sont devenus plus longs au fil du temps, au démarrage du blog, ils me demandaient plutôt 5-6 heures au total.

 

Du coup, les livres servent à quoi ? Ils sont édités par qui ?

Au départ, ils m'ont été demandés par vous, lecteurs, qui vouliez un "vrai livre" entre les mains, ce n'est donc pas mon idée, je rends à César ce qui est à César.

J'y ai inclus les chapitres bonus, qui n'apparaissent pas sur le blog car je trouvais assez chien (enfin, renard) de ma part de faire payer les gens pour quelque chose de disponible gratuitement.

Ils sont édités par moi, en auto-publication : comme je le disais plus haut, je m'occupe de tout, pagination, couverture, distribution...

Donc oui, on peut tout à fait lire le blog sans acheter les livres, les bonus proposés à l'intérieur sont généralement des histoires courtes sur le background des personnages secondaires.

 

Tu fais autre chose que Ka-ku-ren-bô ?

Oui. J'ai deux nouvelles publiés aux éditions muffins , Green Apple et Silent night.

J'ai également auto-publié "Butterflies", une nouvelle que vous pourrez trouver sur ma boutique/site personnel et je prépare d'autres nouvelles ainsi qu'un roman. Mais Ka-ku-ren-bô me demandant actuellement tout mon temps libre, je ne sortirai rien d'autre avant que la série ne soit terminée.

 

Tu aimes les mangas ?

Pas du tout. Ça ne se voit d'ailleurs absolument pas dans les dessins de Ka-ku-ren-bô, dans ma manière d'écrire et dans mon goût pour le folklore japonais et la fantasy urbaine nippone. J'ai pas trois étagères pleines chez moi, pas du tout.

 

Bon, ok mais tu lis quoi ? C'est quoi tes  œuvres de référence ?

En bande dessinée, Tintin. C'est pas original je sais mais Tintin, quoi. J'aime énormément "Green Manor", "Black Sad", "Yoko Tsuno", je suis très classique, très "ligne claire", en fait.

En manga, "Tokyo Babylon", "Comte Cain", "Onmyôji", "Tarot Cafe", "Sentaï School", "Sanctuary" ou plus récemment "Ikigami", "In these words", "Ten count".

En comics, à peu près rien, si on excepte l'exceptionnel "A killing joke" d'Alan Moore. Si vous ne l'avez pas lu, achetez-le, volez-le, photocopiez-le, je m'en fous, mais lisez-le. Ce n'est pas tant que je déteste les comics mais c'est vrai que j'adhère assez peu et j'en trouve rarement auxquels j'accroche. Vu la quantité astronomique de sorties régulières, je n'ai jamais vraiment pris le temps de m'y intéresser.

En livre, Anthony Horrowitz (qui est le meilleur auteur jeunesse du monde. Rien que ça, oui.), Stephen King, Poppy Z.Brite, Terry Pratchett mais aussi les chefs de file du naturalisme, Zola, Maupassant...

Dans les œuvres pêle-mêle qui m'ont marqué, "Les fleurs d'Hiroshima", "La jeune fille suppliciée sur une étagère", "Le magasin des suicides", "L'enfant des ombres", "Bazaar", "Au bonheur des dames", "Mortimer", "Les contes de la fée verte", "Le corps exquis", "En même temps toute la terre et tout le ciel"...

 

C'est un peu le bordel, tes références, y' a à boire et à manger, non ?

Pour moi, un auteur qui ne diversifie pas un minimum ses références tourne en rond et tout ça reste très classique. J'en ai d'ailleurs pas honte, je n'ai malheureusement pas assez de temps pour découvrir les trucs un peu moins tout public, il y en a tellement...

 

Si j'ai une autre question à te poser ?

En haut du blog, le bouton contact. Je mords pas mais en cas de question con, vous aurez, comme vous vous en doutez, une réponse con. Et je suis très fort pour les deux.

 

 

 

 

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