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June 12, 2012

Ayant eu à gérer un peu trop de stress ces derniers temps et face à l'imminence d'un très vilain pétage de plombs du maître zen qu'il m'arrive d'être, j'ai décidé de prendre des mesures drastiques : j'ai fait appel à une professionnelle.

 

Ce genre de recours ne me plaît pas – pas du tout, je peux l'assurer – mais elle va définitivement me rendre dingue.

 

De qui est-ce que je parle ?

 

De Shinkin, petite onmyôji survitaminée de onze ans, qui semble avoir du mal à saisir qu'en ce moment, je ne suis pas tellement d'humeur à m'occuper d'elle, surtout après l'intrusion dans mon – je devrais dire notre – appartement, il y a quinze jours.

 

J'ai donc de nouveau fait appel à une baby-sitter (la première tentative, c'était il y a quelques mois. Une idée excellente jusqu'à ce qu'elle se révèle foireuse, je dirais). C'est quand j'ai trouvé une fois de trop des serpents plein la baignoire – suite à des exercices d'invocation de la gosse – que j'ai abdiqué.

 

Seulement, qui accepterait de garder…ça ? Moi-même, quand j'étais môme, il n'y avait que mon père pour me garder, ou éventuellement une porte verrouillée et je n'étais pas chiant, pas même au dixième de ce dont est capable Shinkin. Donc, à part un militaire, un ex-catcheur, un sumo ou un assassin récidiviste, je ne voyais pas trop à qui la confier.

 

Donc j'ai pris tout ça à la fois.

 

Ma kiné – une femme…enfin une oni délicieuse m'avait donné l'adresse de sa sœur si je voulais un coup de main.

 

Au sens figuré.

 

Du moins, c'était ce que j'espérais.

 

Histoire d'éviter que la première confrontation se fasse en présence de Shinkin – et que je ne passe pour une cloche incapable d'imposer le silence à une gamine, j'avais opté pour un rendez-vous dans un café, pour jauger un peu "la bête". L'idée de laisser ma cousine entre les griffes d'un yôkai de deux mètres me séduisait assez peu.

 

J'étais donc assis devant un coca, en train de changer la sonnerie de mon portable – mon prof à domicile m'a enfin expliqué comment dégager "Magical Doremi"- lorsque j'ai vu s'amener…

 

Comment décrire la chose…

 

Disons que s'il existait une association d'anciens catcheurs géants, travestis et amateurs de vernis à ongle pailletés, j'aurais sans doute la présidente sous les yeux. C'est le genre de vision qui vous inspire un spontané  "ho p***ain".

 

"Bonjour. C'est vous, Kondo ?"

 

Elle a posé un épais sac à main en cuir sur la table, qui émet un craquement de mauvais augure. J'avale ma gorgée de coca en levant les yeux sur elle, hésitant quelques secondes à lui donner un nom d'emprunt.

 

"C'est moi."

 

Mon cerveau est un lâche. Mes nerfs sont à bout, en revanche.

 

"Z'êtes pas gros. Je m'attendais pas à ça."

 

"Ben c'est-à-dire que sur la fiche, il y avait bien indiqué "onmyôji", pas "sumo". Je sais que ça peut prêter à confusion…"

 

"Ni comique, on dirait. Mais vu ce qu'on raconte sur vous, je vous voyais plus grand. Bon alors, votre môme…"

 

Elle se laisse tomber sur une chaise, qui craque de manière sonore sous le poids. Je grimace…Empathique avec un meuble, c'est la journée de toutes les découvertes – surtout de celles qui me font regretter de ne pas être plus ignare.

 

"Ce n'est pas ma môme, enfin, je ne suis pas son père mais son tuteur, c'est assez compliqué."

 

"Ouais, donc elle estime que vous êtes pas une autorité. Va falloir rectifier ça."

 

L'emploi du mot "rectifier" me fait recroqueviller les doigts de pieds dans les chaussures et me donne une bouche en cul de poule. Je pose mon verre en la fixant.

 

"Il ne s'agit pas de me l'esquinter. Je veux simplement qu'elle soit en sécurité et se couche à une heure décente."

 

"En sécurité par rapport à quoi ?"

 

"Si vous avez entendu parler de moi, vous devez savoir que je ne fais pas ce qu'on appelle du travail de bureau et que mes adversaires sont un peu plus féroces qu'un directeur des ressources humaines. C'est une petite fille, je ne veux pas qu'elle reste seule, qu'elle rentre seule de l'école ou qu'elle traîne sans un chaperon. Pas plus tard que la semaine dernière, un psychopathe à la tête d'un groupe de yakuza a forcé ma porte pour mettre à sac mon appartement."

 

L'oni renifle et attrape un petit miroir de poche ainsi qu'un rouge à lèvres, qu'elle entreprend de se passer. Je ne suis pas certain d'être capable de vous restituer cette scène proprement surréaliste d'un démon enduisant de maquillage ses lèvres où percent des crocs jaunes de requin. Je réfugie mon regard dans mon coca, un mouvement qu'elle note aussitôt.

 

"Ouais, ben excusez-moi, Kondo, j'ai pas eu le temps de me préparer, je suis mise comme un sac !"

 

Pour ça je suis d'accord. La robe à fleur est clairement de trop. Le truc fun avec les oni, c'est que malgré toute mon expérience, j'ai toujours été incapable de différencier un mâle d'une femelle. Je saurais maintenant que si c'est maquillé, c'est féminin. Et j'irai pas vérifier les autres critères.

 

"C'est que le bien-être, ça passe aussi par-là. Lààààà…Une femme ça doit être bien dans sa peau, avant tout. Comme votre môme."

 

"Ha mais Shinkin est bien dans sa peau. J'aimerais qu'elle la garde surtout."

 

Et elle embrasse son miroir. Après la chaise, j'ai un nouvel instant d'empathie pour un objet.

 

"Hem…Bref…Ma cousine a onze ans et un caractère pas toujours facile. Elle a l'habitude qu'on lui passe tout."

 

"Ouais, éducation laxiste, classique avec vous les humains."

 

"Si par laxiste, vous entendez que je ne lui casse pas une dent quand elle me répond, alors oui, je le suis sans aucun doute. "

 

"Ouais et en attendant, vous êtes pas fichu de surveiller son heure de coucher."

 

"Bien sûr que si."

 

"Ok. Alors elle se couche à quelle heure en temps normal ?"

 

Silence gêné, durant lequel je touille mon coca.

 

"Je…n'étais pas là hier soir."

 

"Et avant-hier ?"

 

"Je…dormais."

 

"Et voilà. Bon, ben ça aussi va falloir rectifier."

 

"Ce serait possible une rectification sans lui ouvrir le crâne ?"

 

"Ha y'a erreur. Je tape jamais sur les gosses, c'est contraire à ma

méthode éducative."

 

"On tue pas le client, c'est ça ?"

 

Elle me dédie un grand sourire.

 

"C'est pas elle mais vous le client."

 

Je soupire et tapote sur la table du bout des doigts. Honnêtement, je ne sais pas pour quoi j'aurais le moins confiance : l'état de ma cousine ou celui de mon appartement.

 

 "Je commence quand ?"

 

"Hem…On va dire…Demain soir ?"

 

A cet instant-précis, vous vous en doutez, je ne le sentais pas du tout…Mais vu le profil de Shinkin, je ne voyais pas QUI à Tokyo accepterait de me la garder et serait capable de la défendre contre les tarés divers et variés qui connaissent mon adresse.

 

"Demain soir ? Si tôt ? Normalement c'est une semaine avant qu'on fixe les dates. Pour une prestation le lendemain, y'a un supplément."

 

Et elle referme son miroir.

 

"Je serais là à sept heures."

 

"Ce ne serait pas possible à six heures ? La petite sort de cours, je risque de ne pas pouvoir la récupérer…"

 

"Alors y'aura un supplément. Six heures."

 

Shinkin, tu es sûrement l'une des rares personnes pour qui je pourrais tout faire, soulever des montagnes, dévier des torrents, ranger l'appartement et porter un costume quand je dois aller voir ta maîtresse.

 

Mais putain, il y a des jours où je préférerais un chien.

 

***

 

"Vous n'avez pas de nouveau message."

 

Si j'ai engagé une baby-sitter pour pouvoir rester concentré sur mon travail, c'est foutument réussi. J'en suis au stade de stresser parce que je n'ai pas de nouvelles.

 

"Kondo-san ? Vous y êtes ?"

 

Je clape mon téléphone et sourit à ma cliente, une styliste.

 

"Totalement. Donc, vous m'avez appelé pour une de vos employées ?"

 

"Pas exactement. Nous avons rentré récemment les nouvelles collections et…"

 

Je palpe ma poche. Est-ce que j'ai mis le vibreur ? Mais si je ressors mon portable, elle va comprendre que je n'écoute pas un mot de son babillage.

 

Et si ça se passe mal ? Connaissant Shinkin, elle est capable de jouer à "celle qui craque en premier", un jeu auquel je perds toujours.

 

"…Et donc, elle l'a envoyée à l'hôpital. Kondo-san ?"

 

"Hein ?? Oui, oui, à l'hôpital. Bon, donnez-moi le nom de celle qui a fait ça, je vais enquêter."

 

"Mais de quoi parlez-vous ? Je vous dis que ma cliente est la victime !"

 

"Heu…" Nouvelle palpation de la poche. J'ai oublié de mettre le vibreur, c'est sûr, j'ai horreur de ça "Mais qui est l'agresseur, alors ?"

 

Excédée, la styliste pointe du doigt sa vitrine, où trônent quelques mannequins.

 

"C'est ça qui a attaqué votre cliente?"

 

"La veste, Kondo-san. Lorsqu'elle a passé la veste, elle s'est mise à convulser et à perdre du sang. Elle est toujours hospitalisée et mon employée est au poste de police, encore très choquée. Je viens de vous le dire ! A quoi pensez-vous?"

 

"A…j'ai…j'ai laissé quelqu'un chez moi et ça m'inquiète. Elle est autonome mais je n'aime pas l'idée qu'elle…Enfin, vous voyez."

 

"Votre femme ?"

 

"Oui…Heu non, non, pas…non, ma petite cou…"

 

Une remontée de gamme au piano me coupe la parole et j'arrache le téléphone de ma poche avant de l'ouvrir.

 

"Oui !! Qu'est-ce qui se passe ?"

 

Fausse alerte. Encore Kakyô et son infernal moutard adepte de pratiques ésotériques douteuses, qui aimerait savoir si je pourrais passer. Non, non ce n'est pas urgent. Mais si je pouvais venir avant que la porte ne cède, ce serait mieux. Bon. Je m'excuse auprès de la styliste, "je reviens tout de suite", "j'en ai pour moins d'une heure", les tirades habituelles dans ce cas-là. Rassurer le client. L'assurer que son affaire peut attendre et qu'on est tout entier dévoué à sa cause. Je peux vous assurer que ça ne fait peut-être pas partie de la formation initiale mais l'hypocrisie conciliante et le lèche-cul compatissant sont primordiaux.

 

Je sors du magasin et me dirige vers le métro au pas de course – Kakyô et son gosse sont deux énormes boulets que j'ai un peu trop tendance à traîner à ma cheville mais je ne leur souhaite pas de mourir pour autant (à la rigueur de perdre un membre ou deux, je suis pour un apprentissage progressif).

 

Alors que je descends sur le quai, nouvelle sonnerie. Oui, j'ai compris c'est urgent…mais en rouvrant le téléphone, je vois s'afficher :

 

MAISON.

 

Je ne dirais pas que ça m'a paniqué. Le téléphone a simplement failli m'échapper et je pense que je devais parler légèrement trop fort, aux vues des regards que je me jetais les autres passagers. C'est la voix de Shinkin, ce qui est loin de me rassurer, elle ne me dérange jamais au travail sauf cas exceptionnel.

 

"Oncle Satoru ? Tu es là ?"

 

"Oui ! Qu'est-ce qui t'arrives ?"

 

"Ben c'est Kuma-san qui…"

 

Silence. Puis une syllabe. Re-silence. C'est pas le moment d'avoir le forfait voyelle mais observez avec quelle délicieuse ironie cette technologie de merde sait jouer avec nos angoisses les plus primaires, nos nerfs fragilisés d'individu moderne à leur merci. J'ai donc agi en individu non-moderne : j'ai maudit ce putain de téléphone et je me suis précipité dans le métro pour rentrer à l'appartement.

 

Oui, je sais.

 

Pourquoi ne suis-je pas sorti du métro pour rappeler, dans le calme et la douceur ?

 

C'est très simple : ça ne m'est pas venu à l'idée, j'étais bien trop occupé à élaborer des scénarios catastrophes, je m'en suis voulu d'avoir embauché une oni, j'ai juré sur la tête de Bouddha et de tous mes enfoirés d'ancêtre que s'il arrivait quelque chose à Shinkin, j'atomisais tout ce qui a des crocs et des cornes à Tokyo, j'ai pesté contre le métro qui restait dix secondes de trop à chaque arrêt, contre les gens qui s'agglutinaient près de la sortie…

 

Quand je vous disais que je suis borderline en ce moment, ce n'est pas une façon de parler.

 

Je sors du métro comme une tornade, piétinant allègrement ceux qui ne sont pas plus rapides que moi avant de me ruer jusqu'à l'appartement, grimpant les marches quatre à quatre avant de me figer devant la porte. Quoi qu'elle soit sur ses gonds, elle a été enfoncée au centre, comme si on avait donné un coup de poing en plein milieu…Un coup de poing façon yôkai vu l'état de l'acier. C'est pas vrai…

 

"Shinkin !! Shinkin, ouvre !"

 

Je frappe du plat de la main, sur la porte, qui s'ouvre enfin…sur l'armoire à glace dans sa robe à fleurs.

 

"Dites, Kondo, si vous rentrez tous les soirs comme ça, va falloir me le dire par ce qu'un boucan pareil, c'est du stress. Y'aura un supplément."

 

"Où est ma cousine ?"

 

Je me retiens in extremis de rajouter un élégant qualificatif à base de "travelo", mais il me reste un semblant de sang-froid, sûrement lié au fait que la nounou n'a aucune tache de sang visible sur son imprimé "bleuet".

 

"La petite prend sa douche. Et je serais vous je ferais la même chose, parce que pour l'exemple…"

 

"Elle m'a appelé. C'est quoi le problème ? Shinkin sait qu'on ne m'appelle jamais quand je suis en service sauf en cas de problème. Alors vous allez arrêter de me prendre pour un CHAUFFE-EAU et me dire ce qu'il y a. Si vous avez osé la toucher, je vous arrache vos molaires nom de dieu et…"

 

Shinkin est sortie – en pyjama – de la salle de bains juste à temps pour me voir me prendre une baffe, laquelle, sans surprise, m'a mis instantanément K.O.

 

***

 

"Allez, cul-sec. Et vous finissez le verre, hein."

 

Pas besoin de me le répéter. Entre ma montée d'adrénaline, ma course jusqu'à l'appartement et le black-out offert par la nounou cornue, j'ai bien besoin d'un truc fort. Je vide mon verre d'une traite et me masse les tempes en grimaçant.

 

"Vous auriez pu me fendre le crâne."

 

"A un type comme vous ? Pft. De mon temps, vos collègues étaient pas si délicats, c'était pas avec une claque qu'on les envoyait à l'hôpital."

 

"Vous m'avez juste fait tomber l'équivalent d'un sac de plomb sur la tête, c'est vrai, de quoi je me plains ? Vous auriez pu utiliser vos deux mains."

 

Elle m'administre une claque dans le dos qui manque me propulser hors de ma chaise.

 

"Non. J'aurais utilisé ma tête. Et là, vous auriez des raisons de pleurer."

 

Shinkin soupire, lève les yeux au ciel et me ressert un trait de whisky, que je vide de la même manière.

 

"T'es bête, oncle Satoru. Pourquoi tu as pas juste rappelé ? Je voulais te prévenir pour la porte, que tu t'énerves pas en rentrant."

 

"Plus de batteries." Je mens. On a sa fierté, même quand on s'est fait étendre sur son propre paillasson. " Et la porte, c'est quoi ? Des travaux pratiques ?"

 

"C'est pour ça que vous êtes en pétard ? Dis, petite, ton oncle ce serait pas un peu une lopette ?"

 

"Avec l'ex-sumo reconverti en nounou, c'est cool, on va être des parents merveilleux. Lequel de nous fait la femme ?" Je rétorque, esquivant de justesse un autre taquet.

 

"Une lopette qui sait pas parler aux femmes."

 

J'aurais pu rétorquer que dans l'absolu il n'y avait pas de "femme" dans cette pièce mais je me suis douté que ce serait mal interprété.

 

"Non, la porte c'est le yakuza. Mais j'ai nettoyé le sang, j'ai bien fait d'ailleurs, vu la crise que vous me tapez pour un petit enfoncement."

 

"Un petit enfoncement ? On croirait que vous avez frappé à coups de masse là-dessus !"

 

Kuma me prend mon verre et s'en sert un à son tour, en proposant une gorgée à Shinkin, qui secoue la tête.

 

"J'ai déjà dit non à oncle Satoru. C'est pas bon, ce qu'il boit, je préfère le coca."

 

"Comme tu veux. Et c'est presque ça, Kondo. J'ai tapé."

 

"Sur la porte ?"

 

"Non, avec."

 

Shinkin rigole.

 

"Kuma-san a détaché la porte quand ils ont commencé à la forcer. Et elle en a mis un coup sur la tête du premier en me disant de pas regarder. Ils sont partis en courant !"

 

 

"Donc, bon, quand ils ont remporté leur collègue, il était un peu mal en point. Mais moi vous me dites "Personne rentre", j'applique les règles."

 

"Et y'a pas de supplément pour ça ?" Je demande, critique.

 

"Pour ça non."

 

Je reprends la bouteille de whisky et l'attaque directement au goulot. Tout ce que je veux c'est arriver à dormir après cette soirée…

 

"Mais ?"

 

"Mais le nettoyage du palier était pas compris. Je vous ai fait une petite grille tarifaire, je me suis dit que ça vous serait utile."

 

"Haha. Utile…"

 

Mon portable se remet alors à sonner et Shinkin  glisse la main dans mon blouson, intriguée :

 

"Mais il a encore de la batterie ! Il y a marqué… "Kakyô". C'est du travail, tu dois t'en occuper ce soir ?"

Je rouvre les yeux et m'étrangle avec ma rasade de whisky en émettant un tonitruant "Putain !" avant de lui prendre le portable des mains et de me précipiter dehors, jetant un œil à Kuma.

 

"Au fait, vous êtes engagée ! Votre prix sera le mien !"

 

La nounou m'adresse un large sourire.

 

"Vous savez parler aux femmes."

 

Faudrait savoir…

 

 

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Source de l'image : godofbiscuits

 

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