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27/11/2014

November 27, 2014

Satoru ne postera pas ici aujourd’hui mais je voulais quand même vous prévenir : le blog va être en pause, je ne sais pas combien de temps. Peut-être pour un mois.

 

Peut-être plus longtemps.

 

Sauf si j’ai d’autres nouvelles.

 

Pour le moment, l’hôpital m’a dit qu’ils ne savaient pas alors Kuma est restée. Elle m’a dit que mon oncle était un crétin et qu’il prendrait des baffes en se réveillant. Quand j’ai pas répondu, elle m’a regardée dans les yeux en me disant qu’il allait se réveiller.

 

J’ai l’impression qu’il se passe plus rien dans ma tête...depuis que l’inspectrice est venue pour m’expliquer...c’est comme si c’était devenu vide.

 

J’étais en train de trier les papiers que je donnais à Issô quand on a sonné et j’ai compris, j’ai senti.

 

Les mauvaises nouvelles ont une aura, comme disait oncle Satoru.

 

Non, comme dit...Comme dit oncle Satoru.

 

Comme si le vent rentrait dans la pièce, comme si le froid montait dans les murs, les mauvaises nouvelles, je les sens arriver, je sais quand c’est grave. Et j’ai entendu son nom. Je me suis levée alors que l’inspectrice parlait depuis la porte - Kuma laisse rentrer personne - et je suis restée dans l’entrée à regarder.

 

“Il est arrivé quelque chose à  Satoru.”

 

L’inspectrice s’est arrêtée en plein milieu de sa phrase et m’a regardée. Elle a eu l’air gênée. Ils ont tous cet air quand ils parlent des gens morts...sauf oncle Satoru.

 

“Il lui est arrivé quelque chose de grave.”

 

Pourquoi je pleure pas ? Pourquoi j’y arrive pas ?

 

“Il est en observation à l’hôpital.”

 

J’ai serré les poings et fixé l’inspectrice.

 

“Vous mentez.”

 

J’ai avancé droit sur elle et pendant une seconde, elle a failli reculer.

 

“Dites-moi ce qui s’est passé.”

 

“On l’a retrouvé en banlieue. Il est vivant. Il n’a aucune blessure grave.”

 

“Ça veut rien dire, pas de blessures. Oncle Satoru se blesse tout le temps. Pourquoi vous venez si y’a rien de grave ? Vous mentez ! Dites-moi ce qui s’est passé , TOUT DE SUITE !”

 

L’inspectrice inspire et son regard change un peu. Elle n’est plus gênée.

 

“Tu es Shinkin, je suppose.”

 

“Mon oncle m’aurait appelée. S’il l’a pas fait, c’est qu’il peut plus.”

 

“Non, il ne peut plus.”

 

Doucement, elle lève la main et la pose sur mon épaule. C’est pour me rassurer moi ou pour se rassurer elle ?

 

“Il est dans le coma.”

 

Je ne bouge plus. J’arrive plus à réfléchir. Même sa phrase, je l’ai entendue mais je la comprends pas.  Elle me regarde, attend de voir comment je vais réagir, si je pleure, si je hurle. J’entends bien Kuma grogner qu’il va l’entendre à son réveil…

 

“Et s’il se réveille pas ?”

 

Ma voix est bizarre, comme froide, comme si c’était pas moi qui parlait. Je suis là, dans l’entrée, à attendre, moi aussi, qu’il se passe quelque chose, que je pleure, que je crie. Pourquoi j’y arrive pas ? Sur mon épaule, la main de l’inspectrice me serre.

 

“Ton cousin est solide. Il est peut-être simplement en train de récupérer.”

 

J’enlève sa main.

 

“Je vais chercher mon sac.”

 

Issô se frotte contre mon pied et je le pousse avant de prendre mon sac sur le canapé et de mettre ma veste.

 

Oncle Satoru m’a bien expliqué quoi faire “si ça arrive” :

 

Les papiers sont dans le bureau, au milieu. C’est important, ne laisse personne les prendre.

 

Ton mala et tes fuda, quoi qu’il arrive, ne sors JAMAIS sans, Shinkin, pigé ?

 

Ça m’enchante autant qu’une rage de dents mais il y a aussi le numéro de Gekkô. On sait jamais, cette carne pourrait devenir utile.

 

Je fais tout dans l’ordre. Sans rien dire.

 

Faut rien que j’oublie.

 

Tu pourrais ne pas revenir alors prends ce que tu veux vraiment garder.

 

J’ai envie de rien. Je monte pas dans ma chambre.

 

Il manque que le numéro de Gekkô, dans la cuisine, sur le frigo. Quand je le prends, je vois l’autre post-it, près de la poignée.

 

“Mange pas tout les mochi ou je piège les prochains, petite morue.”


L’inspectrice a dû rentrer, finalement. Parce que j’étais tombée devant le frigo et que j’arrivais plus à m’arrêter de pleurer.

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Source de l'image : Emmanuele Contini

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